Vue de l'installation, Untitled - 2014
Vue de l'installation, Untitled - 2014
Gariibu (instantané), 2008
Gariibu (instantané), 2008
Gariibu (instantané), 2008
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
 Série ''Le voleur d'ombre''
Untitled
Untitled
Untitled
Vue de l'installation, Untitled - 2014 Photographies et vidéo Gariibu 3'15'' - 300x533cm © Saïdou Dicko

Saïdou Dicko vit et travaille à Paris.

Né en 1979 à Déou, au nord du Burkina Faso, l’autodidacte qui se cherchait dans la peinture, fera la découverte de l’ombre à travers la magie de l’image. Ce fut pour l’artiste la révélation d’une passion, d’une vocation. Fasciné par l’image, le glissement se fera tout naturellement entre la photographie et la vidéo. Il a participé à de nombreuses expositions en Afrique et dans le reste du monde notamment à Saint-Domingue lors du premier festival ACP (groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique), ARTMADRID 2007,  aux 7èmes Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako, dans la sélection officielle de Dak’art 2008, ‘’Spot on…Dak’art 2008’’, à IFA galerie à Berlin, ‘’Africa Now’’ à Washington au siège de la Banque Mondiale. Son travail photographique a fait l’objet de nombreuses distinctions : il a notamment remporté le prix de la Fondation Blachère en 2006 à Dakar, ainsi que le prix de la Francophonie en 2007 aux Rencontres africaines de la Photographie à Bamako (où il a également exposé en 2009). Il a également reçu à Dakar en 2008 le prix de la fondation Thamgidi et le prix Off du public offert par l’Union Européenne. La série « Le voleur d’ombres » a été éditée par Africalia Editions & Roularta Books en 2007. En 2014, il présente une installation mêlant des photographies de sa série ‘’Le voleur d’ombre’’ à une projection de ‘’Gariibu’’, dans le Off de la Biennale de Dak’Art au Pavillon de la Royal Air Maroc.

Le voleur d’ombres : ‘’Mes enfants vous parlent de l’égalité et de l’union : L’égalité : ils sont blancs, ils sont noirs, ils sont riches, ils sont pauvres, ils sont mendiants, ils sont voleurs, ils sont musulmans, ils sont chrétiens, ils sont étudiants, ils sont vagabonds, ils sont bureaucrates, ils sont immigrés, ils sont autochtones, ils sont handicapés, ils sont sportifs, ils sont femmes, ils sont hommes, ils sont grands, ils sont petits, ils sont hommes de tenues, ils sont vendeurs ambulants, ils sont bergers et ils sont animaux. L’union : ils sont tous présents lors de la réunion de famille. Malgré leurs différentes classes sociales, ils sont assis sur le même banc et ils mangent sur la même nappe. Aucune ombre n’est mise en scène, je vole les ombres des gens et des animaux sur les sols et les murs (ces photos sont prises au Sénégal, au Burkina Faso et en RDC entre novembre 2005 et aujourd’hui). Mes photos ne sont ni recadrées, ni retouchées.’’

 Gariibu (Gariibu = mendiant en Fulfulde), vidéo, 3’15’’, 2008. ‘’J’étais en train de réaliser une série de photos d’ombres quand trois jeunes mendiants sont venus vers moi. Ils ont voulu éviter que je les prenne en photo et sont passés derrière moi. Ils ont visionné l’écran de mon appareil photo numérique. Je n’ai pas prêté attention à leur présence et j’ai continué mon travail. Ils ont commencé à jouer autour de moi en passant devant et derrière l’appareil. J’ai une fois de plus transformé mon appareil photo en caméra et je les ai laissé faire. Sans leur demander ils m’ont dévoilé leur vie qui m’a fait penser à ma propre histoire quand moi aussi j’étais élève coranique. À l’époque, au village, les élèves coraniques étaient considérés comme des enfants. Aujourd’hui, en ville, ils ne sont pas considérés. Certaines personnes leur donnent de l’argent pour s’en débarrasser. J’ai voulu présenter ce film pour montrer leur réalité et le fait que ce sont des enfants comme les autres. Ils rient, ils jouent et ils sont joyeux malgré la vie très dure qu’ils mènent. La musique de la vidéo est une chanson que je chante en Fulfulde (ma langue maternelle). Dans la première partie, j’invite ces enfants à ne pas sombrer dans la délinquance. Dans la seconde partie, j’appelle au secours mes parents de venir me chercher car le marabout nous maltraite.’’

Saïdou Dicko