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Vue de l'exposition
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Untitled 2012

Né en 1982, Nestor Da est un artiste originaire du Burkina Faso. Il a exposé en Afrique et en Europe à travers des expositions personnelles : Musée Mainssieux (Voiron, juillet 2010) avec sa série « L’ombre des images », à La Vitrine (Arles, avril 2010) et au CCF Georges Méliès de Ouagadougou (Burkina Faso, 2009). On a pu aussi découvrir son travail dans plusieurs expositions collectives comme la Biennale du Bénin « Biennale Bénin 2012, Inventer le monde” où il reçoit le prix d’encouragement de l’Institut Français, les rencontres de Bamako “African Emerging Photography » à Paris photo au Grand Palais en 2011. Il a été lauréat du 1er prix de la Fondation Blachère lors de la Biennale de Bamako en 2009 ce qui lui a permis de bénéficier d’une résidence de 6 mois dans la prestigieuse Ecole Nationale Supérieure de la photographie d’Arles en France.

Cette formation à Arles lui permet d’accéder au monde de la photographie par son histoire, ses influences, ses différents regards et sensibilités et acquérir une technique et un savoir faire. Photographe ou artiste plasticien, Nestor Da se trouve à la frontière de ces deux pratiques. Il aime transformer et reconstruire ses propres images en les altérant par le découpage, le collage et la peinture. Ce processus donne lieu à une maquette que l’artiste va par la suite photographier. Ainsi la construction plastique laisse place à un résultat final photographique.

« Ondes de perturbation » : Au premier regard, cette série d’une quarantaine d’images trouble. Elle semble nous annoncer quelque chose. Un monde en mutation : Ces ondes symbolisent les restes, les effets de l’être humain qui se propagent dans la nature. Les accumulations reflètent la pollution par l’invasion d’objets. La perturbation se réfère à la transformation des matériaux, des objets par une seconde vie de la matière ou encore son recyclage.

La pratique artistique de Nestor Da se rapproche à la fois du photo-montage tout en puisant ses inspirations dans la peinture expressionniste, ou encore le graffiti. Il y a toujours de la poésie, ces images sont comme des vagues, fulgurantes, expressives mais aussi insaisissables. La série « Ondes de perturbation » semble tout droit sortir d’un conte. Elle joue entre le réel et le symbolisme. Les couleurs vives nous frappent, et le jeu de matières, et des motifs bouleverse notre perception du monde.

L’auteur déforme la réalité et pourtant on comprend qu’il témoigne des dégâts de la pollution, de la surconsommation qui touche nos pays le Ghana, la Côte d’Ivoire ou encore la France où il a vécu. Pour autant la série est furieusement universelle et contemporaine. Nestor Da a toujours la particularité de proposer une nouvelle vision du réel qui nous entoure et de nous amener à nous questionner en perturbant notre œil.

Pour cette première exposition à la galerie Cécile Fakhoury, l’artiste intègre ses photos au sein d’une installation structurée par le désir de dessiner une ligne d’horizon dans une complexité visuelle. Chaque image composant la trajectoire est un morceau de notre histoire moderne. Au centre de l’espace, un rectangle noir composé de charbon jonche le sol. Contenu à la force d’un aménagement précaire cette roche noire révèle l’annonciation de l’ère industrielle. Cette piscine opaque se place comme une trace historique d’une chronique environnementale.

Jeanne Mercier

Jeanne Mercier est co-fondatrice d’Afrique in visu. Aujourd’hui elle partage son temps entre des activités de conseil en programmation culturelle et des articles critiques autour des pratiques photographiques contemporaines.