Goumbé - Carl-Edouard Keita : Online viewing room

13 Février - 13 Avril 2025
  • GALERIE CÉCILE FAKHOURY 

    Abidjan - Dakar - Paris 

     

    Goumbé

    Carl-Edouard Keïta

    13 FÉVRIER - 12 AVRIL 2025

  • A l'orée de l'indépendance, la Côte d'Ivoire connaît un essor économique sans précédent communément nommé, le Miracle ivoirien. Nombreux sont les jeunes ruraux (Malinkés du Nord) ou originaires des pays de la sous-région (Guinée, Niger, Ghana…) qui, plein d'espoirs et en proie à de nouvelles aventures, migrent vers Abidjan, la toute neuve capitale économique, dans l'optique de trouver du travail, une stabilité financière et un avenir meilleur. Cette utopie prend son point d'ancrage dans les communes de Treichville et d'Adjamé. Ensemble, ces jeunes se regroupent et  forment des associations d'entraide, les Goumbés. Structurées, codifiées et  hiérarchisées, ces associations, véritable jeu de passation entre la tradition et la modernité, proposent diverses activités de fédération communautaire. 
     
    À travers Goumbé, Carl-Edouard Keïta nous plonge dans l'histoire de ces communautés et propose une réflexion sur les migrations régionales et leur impact sur l'écriture de la société contemporaine ivoirienne. 
  • Les premières associations de Goumbé font leur apparition dès les années 1940 et l'on situe leur apogée dans les années...
    Fin des réjouissances, 2025
    Technique mixte sur toile - Mixed media on canvas
    180 x 121 cm - 70 7/8 x 47 5/8 in

    Les premières associations de Goumbé font leur apparition dès les années 1940 et l'on situe leur apogée dans les années 1960, décennie ecrin des indépendances africaines. Le chant et la danse y occupent une place centrale, à force de répétition soutenue et d'un travail acharné, les prouesses chorégraphiques des membres et le magnétisme des chants provoquent attroupements de badauds et moments de convivialité lors des prestations qui se tiennent chaque samedi soir. 

  • Le son prégnant et omniprésent est occasionné par le tambour jazz. Tambour carré à la percussion militaire, il est le symbole du brassage culturel, des migrations et re-migrations du fait de sa présence des deux côtés de l'Atlantique - on le retrouve notamment en Jamaïque, au Bénin, au Ghana, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire. Tel un chaperon, il accompagne les performances des jeunes danseurs sacrées à l'issue de leur performance, roi et reine du Goumbé
  • Reine du Goumbé, 2025
    Reine du Goumbé, 2025 
  • Carl-Edouard Keïta, en véritable conteur pictural, se réapproprie ces présentations et rend hommage à ces vedettes populaires dont l'ethno-réalisateur Jean...
    Carl-Edouard Keïta, en véritable conteur pictural, se réapproprie ces présentations et rend hommage  à ces vedettes populaires dont l'ethno-réalisateur Jean Rouch dans bon nombre de ses films parmi lesquels ; "Moi, un noir - 1958"; "La pyramide humaine - 1961" et "La Goumbé des Jeunes Noceurs - 1964", « tente de capter ces mouvements fulgurants, d'une rapidité folle, des danseurs parmi les meilleurs » selon lui et nous permet d'entrevoir une infime partie de leur quotidien. 
     
    Dans La Goumbé des Jeunes Noceurs, Jean Rouch nous présente Nathalie, une jeune femme discrète mais dont la présence est essentielle au succès du groupe, mère de famille le jour et magicienne du mouvement la nuit. Source d'inspiration, des chansons à sa gloire sont inventées tous les mois, signe de ses intarissables exploits. Carl-Edouard choisit de la représenter avec son enfant dans un jeu d'ombre intrigant comme pour signifier le peu d'informations dont nous bénéficions sur son devenir. 
  • Les dessins de Keïta témoignent d’une grande maîtrise de la composition, chaque œuvre portant en elle une histoire, une narration. La décomposition des corps des figures représentées en plusieurs éléments de forme géométrique peut d’ailleurs être comprise comme étant mimétique d’un mouvement de dévoilement et de déconstruction des sujets abordés dans ses œuvres, du visible au caché.

  • A la croisée des références cinématographiques, musicales et chorégraphiques, ce nouveau corpus d'oeuvres est aussi marqué par l'ajout d'un arrière...
    Dans l'euphorie du moment, 2025
    Technique mixte sur toile - Mixed media on canvas
    100 x 100 cm - 39 3/8 x 39 3/8 in
    A la croisée des références cinématographiques, musicales et chorégraphiques, ce nouveau corpus d'oeuvres est aussi marqué par l'ajout d'un arrière plan à la gamme chromatique plus chaude, plus puissante qui oscille entre le bleu, le jaune, le violet ou encore le vert s'entremêlant et conversant dans une composition graphique savamment maitrisée par Keïta. 
     
     
    Les femmes ivoiriennes naviguent entre coiffures traditionnelles sophistiquées et coiffures contemporaines occidentales de l'époque yéyé. La complexité de cette hybridité est visible dans le cinéma du réalisateur ivoirien Désiré Ecaré (cf "Visages de femmes - 1985"). À cette période également, les magazines nationaux (Ivoire Dimanche, Fraternité Matin, Avoura) mais aussi français (Salut les copains) sont la boussole des tendances pour cette jeunesse qui fait alors face à « Deux mondes qui se chevauchent en elle » comme a pu l'évoquer le réalisateur Timité Bassori lors de sa rencontre avec l'artiste. 
  • Restitution de l'histoire contemporaine ivoirienne dans sa subtilité, sa complexité et son métissage, l'exposition s'inscrit comme un parcours témoin de l'univers Goumbé, danse de l'exil, aujourd'hui presque disparue bien que les chants et les danses subsistent sous d'autres formes dans les communautés Malinkés. 

  • À la sortie du C-105, 2025 Technique mixte sur toile - Mixed media on canvas 196 x 130 cm -...
    À la sortie du C-105, 2025
    Technique mixte sur toile - Mixed media on canvas
    196 x 130 cm - 77 1/8 x 51 1/8 in
  • Cette exposition à Abidjan est aussi l'occasion pour Carl Édouard Keïta de prolonger sa mise en lumière artistique des histoires diasporiques dans leur singularité ; il nous offre ainsi des portraits majeurs dans une volonté de transmission, de passation absolue.

  • Né en 1992 à Abidjan, Carl-Edouard Keïta vit et travaille aujourd’hui à New-York. C’est au cours de ses études d’économie...

    Photo : Justin French

    Né en 1992 à Abidjan, Carl-Edouard Keïta vit et travaille aujourd’hui à New-York.

     

    C’est au cours de ses études d’économie à Atlanta que Carl- Edouard Keïta découvre l’histoire de l’art africain, par le biais d’un cours proposé dans son université. Comme il le décrit lui- même, cette découverte est pour lui une véritable révélation esthétique. Fasciné depuis son enfance par les lignes, droites ou courbes, il se passionne alors pour le dessin, et s’inspire de références tant traditionnelles que modernes ou contemporaines. 

     

    Des formes anguleuses de la statuaire africaine aux décompositions géométriques du cubisme, en passant par le vohou-vohou ivoirien, les influences de Carl-Edouard Keïta sont nombreuses et créent des ponts entre les époques et les continents. D’abord autodidacte, puis étudiant en art, Carl-Edouard Keïta parfait au fil des années sa maîtrise du crayon, attaché à l’idée que le dessin au crayon, derrière une apparente simplicité, puisse devenir le lieu d’une véritable recherche de sophistication esthétique et de complexité conceptuelle. La sobriété du crayon à papier est synonyme pour l’artiste de liberté. 

  • Contact 

    Francis Coraboeuf

    francis@cecilefakhoury.com