Kôguôè: Bamouin Sinzé - Project Space, Abidjan

14 Mars - 27 Juin 2020 Project Space

La Galerie Cécile Fakhoury a le plaisir de vous présenter Kôguôè (*la nuit, en baoulé), une exposition personnelle du jeune artiste ivoirien Bamouin Sinzé.

 

Axel Angenor Bamouin Sinzé, de son nom d’artiste Bamouin Sinzé, est né en 1995 à Aboisso, dans la région du Sud-Comoé en Côte d’Ivoire. 

 

En 2014, il s’installe à Abidjan afin de commencer ses études d’arts plastiques à l’INSAAC, au cours desquelles il affine son univers artistique et littéraire. Bamouin Sinzé développe une technique plastique à même de nous plonger dans l’intimité de ses errances nocturnes, l’équilibre fragile entre mirages et réalités.  

 

Depuis son enfance, Bamouin Sinzé se transporte dans un monde intérieur, à part, un monde de chimères au sein duquel il peut se recueillir. Le geste plastique lui permet de donner vie aux figures qui l’habitent, de donner forme aux ombres. Si cet univers n’est pas tangible, il n’en est pas pour autant inexistant. Pour Bamouin Sinzé, chacun de nous en a une connaissance intime et propre, mais seuls certains ont la curiosité ou la témérité de l’assumer et de se l’approprier.  

 

Avec le soutien de certains professeurs et grâce à des modèles comme les artistes ivoiriens Ernest Dükü, Pascal Konan, Aboudia ou Yéanzi, Bamouin Sinzé expérimente depuis 2016 une technique de peinture au moyen de la fumée, technique dont la précarité fait d’elle, selon lui, la plus à même d’accéder au domaine des songes, de l’intangible, de la face cachée des choses. 

 

Sous sa toile renversée, la plupart du temps de nuit, Bamouin Sinzé, une bougie à la main, dessine dans l’air des lignes, des cercles, des courbes, à la manière d’une écriture invisible. La fumée transcrit ces gestes sur la toile par des marques grises et vaporeuses, fragiles. L’évanescence apparaît alors comme étant au centre de son œuvre. L’artiste cherche à représenter un fragment de temps immortalisé, à saisir l’impalpable, à figurer ce qui, inexorablement, finit par disparaître. 

 

Dans l’exposition Kôguôè, qui signifie la nuit en baoulé, Bamouin Sinzé nous invite à le suivre dans ses pérégrinations imaginaires, fruits d’une insomnie chronique aujourd’hui créatrice. Le voyage commence alors, du crépuscule jusqu’à l’aurore, à la rencontre de formes humaines ou de figures spectrales, au contact d’un univers sombre et pourtant familier, au-delà de notre déni d’un mal-être pourtant largement partagé. L’artiste nous invite à embrasser nos tourments, à délaisser un temps les artifices d’un idéal social, à se laisser porter par notre obscurité, sans laquelle le jour ne pourrait exister. 

 

Créant un univers aux frontières du gothique, du spirituel, de la magie noire et de la mélancolie, Bamouin Sinzé propose ainsi une œuvre en devenir et laisse entrevoir une vulnérabilité transfigurée en force sensible.