Dans cette nouvelle série créée pour Art Basel Paris, Carl-Edouard Keïta poursuit son exploration des archives visuelles, culturelles et populaires de Côte d’Ivoire. Il s’intéresse notamment aux œuvres de cinéastes ivoiriens et africains tels que Timité Bassori et Désiré Ecaré, dont les films constituent des archives précieuses des gestes, des corps, des vêtements, des intérieurs et des transformations sociales de l’Afrique post-indépendance. À partir de ces images, ainsi que de motifs issus de la culture populaire, Carl-Edouard Keïta développe un langage pictural personnel, qu’il met en dialogue avec les histoires du cubisme et du dadaïsme.
Comme au cinéma, ses peintures reposent sur des procédés de cadrage, de fragmentation et de montage : elles réunissent différentes temporalités et références au sein d’une même composition, explorant la circulation des formes, la construction des récits et les manières dont la mémoire collective continue de façonner le présent.
Implantée entre Abidjan, Dakar et Paris, la Galerie Cécile Fakhoury a développé un programme ancré sur le continent africain, tout en inscrivant les pratiques de ses artistes dans des histoires plus larges et transnationales de l’art moderne et contemporain. À travers des expositions, des recherches, des publications et un accompagnement à long terme des artistes, la galerie met en avant des récits artistiques qui complexifient les canons établis de l’histoire de l’art et remettent en question les catégories géographiques figées. La présentation de Carl-Edouard Keïta à Art Basel Paris s’inscrit dans cette approche, en mettant en dialogue les histoires visuelles ivoiriennes avec les multiples circulations et échanges qui ont façonné le modernisme au XXe siècle et continuent d’alimenter les pratiques contemporaines.
