Art Basel Paris 2026: Carl-Edouard Keïta

Grand Palais, Avenue Winston Churchill, 75008, Paris, France, 21 - 25 Octobre 2026 
STAND H6 (Galerie Sud)

À travers ce nouvel ensemble d'œuvres conçu pour Art Basel Paris au fil des dix derniers mois, Carl-Édouard Keïta révèle les contrastes de la jeune nation ivoirienne durant son époque de prospérité économique, connue sous le nom de « miracle ivoirien » (1960-1980), sous la direction de son premier président, Félix Houphouët-Boigny.

 

S'inspirant entre autres du cinéma de Roger Gnoan M'Bala, en particulier de sa vision d'une Côte d'Ivoire socialement fragmentée et de l'ascension d'un charmant arriviste, incarné par le séducteur élégant d'Amanié (1972), Keïta chronique la naissance d'une nouvelle bourgeoisie abidjanaise happée par un processus d'occidentalisation. Cette transformation était nourrie par l'importation constante de nouvelles habitudes sociales et l'émergence d'une élégance hybride forgée entre Paris et Abidjan.

 

Par un jeu de références d'une grande précision, s'appuyant sur des recherches dans des collections privées et sur les archives extrêmement rares du périodique culturel Ivoire Dimanche, Carl-Édouard Keïta fait remonter à la surface, avec une précision millimétrique, les lieux d'enfouissement du miracle ivoirien, de part et d'autre de sa chronologie. En revisitant également les histoires du cubisme et du dadaïsme depuis une perspective ivoirienne contemporaine, il révèle, fragment après fragment, la coexistence de multiples mondes et de réalités économiques, sociales et religieuses. Ses œuvres interrogent ainsi la circulation des formes et la manière dont la mémoire collective continue de façonner le présent.

 

Parmi d'autres facettes de sa recherche, l'artiste examine notamment la montée de l'extrémisme religieux dans la Côte d'Ivoire rurale durant les dernières années du miracle ivoirien. Également développée par le cinéaste Roger Gnoan M'Bala dans son film Au nom du Christ (1993), cette critique fait écho à l'émergence de mouvements prophétiques, dont la figure la plus prolifique dans les années 1980 fut le prophète Gbahié Koudou Jeannot, surnommé le « Christ noir ». Carl-Édouard Keïta raconte ce personnage dans une œuvre quasi sacralisante, la mettant en dialogue avec une scène d'admiration extatique d'un public occidental devant une statue baoulé, découverte dans l'illustration d'Albert Guillaume de 1920, Salon de Paris – La maladie noire (L'engouement pour l'art africain). Cette juxtaposition crée un dialogue entre la fascination artistique de l'Europe pour la sculpture ivoirienne et son rejet au sein des réalités spirituelles ivoiriennes, où les mouvements prophétiques appelaient les communautés à se détourner de la statuaire sacrée.

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