L’œuvre de Cheikh Ndiaye est guidée par un regard singulier à l’informel qui est pour lui au fondement de toute sa pratique artistique. Tiré de la zone létale, l’objet ancien est ramené à la vie. Les choses reviennent à leur plénitude matérielle et se projettent vers un nouvel imaginaire.

 

L’univers de Cheikh Ndiaye se fait l’écho constant de l’origine de ses recherches, la rue. Les vues peintes créent des ouvertures et semblent traverser le mur opaque, dense et imposant, fait de béton brut. Les objets du quotidien quant à eux nous renvoient à un réel tangible et établi, quand bien même ils paraissent se balancer entre des sphères hétérogènes et des espaces lointains. L’ordre des choses à travers des formes visibles ou dissimulées se réinvente continuellement jusqu’à ses marges.

 

L’unité du travail de Cheikh Ndiaye tient à son utilisation de la matière, à la reconnaissance de sa pluralité. Il matérialise l’idée de la porosité des substances dans des rapports d’altérité, et propose une conception de l’effritement comme mouvement de résistance à l’oubli