An infinite woman, black archives in two acts @ Kanal - Centre Pompidou, Bruxelles: Roméo Mivekannin

Kanal, Sainctelette Square, 21 1000, Brussels, Belgium 28 Novembre 2026 - 26 Avril 2027 
Présentation
Kanal, Sainctelette Square, 21 1000, Brussels, Belgium

En 1925, l’image d’une femme du peuple Mangbetu, dans le nord-est du Congo, est l’emblème de la campagne de propagande pour La Croisière Noire, une expédition coloniale à travers le continent africain. Cette image de la traversée organisée par le constructeur automobile Citroën deviendra virale.

 

En 1934, les travaux de construction du garage phare de la marque Citroën débutent à Bruxelles, créant une vitrine pour l’automobile autant que pour l’idée de conquête impériale. Aujourd’hui transformé en musée Kanal, le site ouvre ses portes avec l’exposition An Infinite Woman. En deux parties, celle-ci revisite la circulation de l’image des femmes Mangbetu comme symbole colonial, et son renversement par les artistes afro-descendant·es qui se la sont réappropriée.

 

Le premier acte est une recherche dans des archives qui retrace la viralité naissante des images des Mangbetus comme « fétiches ethnographiques ». Consommée en Occident à travers des magazines, des expositions et des films, cette image est un mème avant la lettre.

 

Le deuxième acte montre comment des artistes afro-diasporiques – comme Raphaël Barontini, Sonia Barrett, Roméo Mivekannin, Faith Ringgold, Barbara Walker ou Carrie Mae Weems – brisent la chaîne algorithmique et se réapproprient ces images et archives pour générer de nouvelles formes de savoir et de visibilité.

 

Le sous-titre de l’exposition fait référence à l’essai Vénus en deux actes (2008) de l’historienne culturelle Saidiya Hartman. Inspirée par ses importants travaux sur les sociétés post-esclavagistes, An Infinite Woman célèbre le déploiement infini des imaginations féminines noires dans leur résistance à la toxicité de l’imagerie coloniale.

On peut voir An Infinite Woman comme un défi lancé à la gravité : reconnaître tout le poids du passé colonial, mais refuser qu’il continue de définir nos sociétés contemporaines.