''Autoportrait, portrait d'enfant, dessin de chambres d'hôtel et d'architecture, sculpture d'enfant en béton, pingouin guerrier en plâtre, couleurs, vert, terre d'ombre, ombre naturelle, terre de sienne brûlée, bleu de prusse, cereleum, outremer, blanc de Titane, blanc de zinc, rose, rose chair. Le but de ma peinture est la recherche du rose chair. Le rose de la peau, de la chair. L'obsession du rose. Le rose me fait penser au cannibalisme. Manger de la chair humaine. Se manger soi-même. Le tabou. Depuis que j'ai commencé la peinture, je peins des autoportraits, comme s'il s'agissait d'une déclaration ou pour me convaincre que j'existe. Algérienne, d'un papa maçon immigré en France, j'admirais l'art de loin. La peinture, art ultime et sacré à mes yeux a toujours été tabou. En faisant de la peinture, je me libère. Je me libère de mon histoire et de l'histoire du monde qui veut qu'une africaine issue des colonies européennes doit faire du multimédia et parler de l'actualité et surtout pas de la peinture personnelle. Le dessin est ma base, la peinture mon expression courante, la sculpture le prolongement naturel.''

Dalila Dalléas Bouzar