Né en 1986 à Bouaké (Côte d'Ivoire), Roméo Mivekannin vit et travaille aujourd’hui entre Toulouse (France) et Cotonou (Bénin).

 

Après une formation en ébénisterie puis des études d’histoire de l’art, Roméo Mivekannin choisit d’intégrer l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse. Parallèlement à ses études, il développe un travail personnel de création plastique, et expérimente plusieurs médium, de la sculpture à la peinture. A la suite de ses études, il se consacre à son activité de plasticien tout en commençant une thèse entre histoire de l’art, sociologie et architecture.

 

Au croisement de la tradition héritée et du monde contemporain, Roméo Mivekannin intègre ses créations au sein d’une temporalité ancestrale, fabriquant ses propres rituels, en écho à la cosmologie vaudou, très présente au Bénin. A l’image d’un rite initiatique, l’artiste plonge les draps qui composeront le fond de ses œuvres dans différents bains de solutions rituelles, des bains d’élixir, quelques unes d’entre elles ayant été enterrées à certains endroits du monde, en lien avec l’histoire de la colonisation. Le temps propre de ces draps, eux-mêmes hérités et usés, vient alors se mêler aux temporalités évoquées par les sujets de ses toiles. La mémoire et le temps deviennent ainsi la matière même de ses œuvres, leur technique.

 

Dans les séries Barnum et Modèle noir, peintures et bains d’élixir sur toiles libres, Roméo Mivekannin questionne la place des noirs dans une iconographie occidentale marquée par les systèmes de trafic humain et de domination qu’ont été l’esclavage et la colonisation. En citant les photographies de ‘zoos humains’, des peintures classiques célèbres ou des photographies iconiques illustrant les injustices systémiques subies par les noirs, et en se représentant lui-même au sein de ses compositions, l’artiste trace une ligne directe entre hier et aujourd’hui au sein d’une histoire de violences et d’injustices.

 

Le travail de Roméo Mivekannin a fait partie de la sélection de la Biennale de Dakar en 2020. Il a également fait partie de plusieurs expositions collectives en France, notamment au sein de la Chapelle de Villematier. En 2018, il publie également un roman, La Malédiction des Orishas, aux éditions Les Indés.