Espace de rythmes et de silences : Exposition collective

21 Février - 14 Mars 2026 ABIDJAN
Qui est-il, celui qui anime le rythme du silence ? 
 
Est-ce moi qui, en entrant dans cette pièce, transcende l’ordre de cet agencement ?
 
Je ne voudrais pas vous offenser en employant ce terme, mais votre titre me suggère qu’il s’agit là d’un agencement visuel de bruits et d’absences de bruits.
 
Et j’y vois clair.
 
Que vois-je, me demandez-vous ?
 
Eh bien, regardez là, là-bas, ces femmes monumentales qui, figées dans leurs mouvements, me rappellent que je ne sais plus… que je ne sais plus nommer les danses des miens.
 
Et ici, ceux qui viennent me rappeler que mon corps est encore aujourd’hui le réceptacle d’une mémoire que je ne veux plus mienne.
 
Ils sont venus là aussi, oui, juste là, me hanter — ces abris qui disent la trace du passage de ceux que je devrais appeler miens, mais dont je ne sais plus rien.
 
Espace de rythmes et de silences, espace assourdissant qui crie les palimpsestes d’un moi en prise avec une histoire que je refuse sans cesse de relire.
 
Espace du moi qui ne veut plus se regarder face à face, espace du moi qui laisse place à celui qui n’est plus moi.
 
Rythmes de la trace, multiples. Rythme lent, rythme court.
 
Laissons donc place à la main de l’artiste qui gouverne cette symphonie. Oui, ce n’est plus un agencement, excusez-moi, c’est une symphonie.
 
Profonde fut ma méprise ; il n’en est plus rien désormais.
 
Dans les éclats de cette symphonie, vous m’avez laissé le temps de vivre une émancipation en quatre mesures et dans la lenteur de ma déambulation, mon chant intérieur a trouvé un seuil.