Yéanzi explore une technique de peinture sans pinceau, en utilisant la matière plastique qu’il fait fondre pour faire apparaître des visages et des formes humaines. Il modifie ainsi son rapport au portrait, dont la discontinuité et l’apparition subjective résonnent avec ses questionnements sur l’identité.

 

Dans cette démarche, il collecte les histoires de chacun, il utilise leur nom d’emprunt comme titre, leur identité remarquable, le masque qu’ils portent en société, pour révéler leur personnalité en filigrane. Yéanzi utilise leur témoignage, il consigne leur histoire sur une toile recouverte de coupures de journaux, sur des bribes d’actualité qu’il peint en couches successives ou encore sur des films d’impressions.

 

Par le feu, la matière plastique se fait couleur, contrainte à se transformer, à endurer les passages de la flamme et à déposer un peu de sa matière sur le support. Au fil du temps, le regard de Yéanzi s’est élargi, passant de l’individu au groupe, compris comme une entité collective. L’identité ne peut être ni un monologue ni quelque chose d’absolu. La redéfinition du soi passe par l’attention portée aux autres ainsi que par l’acceptation d’une identité toujours en mouvement, indiscernable, et pourtant constitutive de notre rapport au monde.